Direction des h�pitaux
Sous-direction de l'�valuation
et de l'organisation hospitali�res
Bureau EO 4

Circulaire DH/EO 4 n� 97-841 du 31 d�cembre 1997 relative aux orientations en mati�re d'organisation des soins de suite ou de r�adaptation

SP 3 333
234

NOR : MESH9730698C

(Texte non paru au Journal officiel)

R�f�rences :
Articles L. 710-1 � L. 713-12 du code de la sant� publique ;
Arr�t� du 9 d�cembre 1988 relatif � la fixation d'un indice pour les moyens d'hospitalisation en moyen s�jour et en r�adaptation fonctionnelle ;
Circulaire DH/EO/97 n� 22 du 13 janvier 1997 relative aux contrats d'objectifs et de moyens avec les �tablissements de sant� ;
Circulaire DH/PMSI/97 n� 251 du 3 avril 1997 relative � la mise en place dans les �tablissements de sant� ayant une activit� des soins de suite ou de r�adaptation d'un recueil de r�sum�s hebdomadaires standardis�s (RHS) ; dispositions particuli�res pour les �tablissements sous comp�tence tarifaire de l'Etat ;
Circulaire DH/EO/97 n� 97-277 du 9 avril 1997 relative aux r�seaux de soins et communaut�s d'�tablissements.

La ministre de l'emploi et de la solidarit� � Mesdames et Messieurs les directeurs des agences r�gionales de l'hospitalisation (pour mise en oeuvre) ; Mesdames et Messieurs les pr�fets de r�gion (directions r�gionales des affaires sanitaires et sociales [pour mise en oeuvre]) ; Mesdames et Messieurs les pr�fets de d�partement (directions d�partementales des affaires sanitaires et sociales [pour mise en oeuvre]) L'objet de cette circulaire est de pr�senter les orientations retenues en mati�re de soins de suite ou de r�adaptation, en accompagnement de la mise en place, au 1er janvier 1998, d'un recueil de r�sum�s hebdomadaires standardis�s (RHS) dans les �tablissements, sous comp�tence tarifaire de l'Etat, ayant une activit� de soins de suite ou de r�adaptation.
Dans le but d'assurer une meilleure r�insertion des personnes � l'issue d'une hospitalisation, les fonctions sp�cifiques qui caract�risent les soins de suite ou de r�adaptation seront ainsi clarifi�es et des principes g�n�raux de leur organisation, d�finis.
L'article L. 711-2 du code de la sant� publique pr�cise que les soins de suite ou de r�adaptation sont dispens�s par les �tablissements de sant� concern�s, dans le cadre d'un traitement ou d'une surveillance m�dicale, � des malades requ�rant des soins continus, dans un but de r�insertion.
Il importe donc que les soins de suite ou de r�adaptation s'inscrivent en coh�rence avec l'ensemble de l'offre hospitali�re. C'est dans cet esprit que la plupart des r�gions ont arr�t� ou sont sur le point d'arr�ter le volet soins de suite ou de r�adaptation de leur sch�ma r�gional d'organisation sanitaire.
Parall�lement, une classification m�dico-�conomique des activit�s propos�e par le PMSI a �t� �labor�e � partir de l'offre de soins existante. La mise en place, dans les �tablissements de sant� sous comp�tence tarifaire de l'Etat ayant une activit� des soins de suite ou de r�adaptation, d'un recueil de r�sum�s hebdomadaires standardis�s (RHS), pr�vue au 1er janvier 1998, contribuera � une meilleure connaissance de la nature et du volume de l'activit� produite dans l'ensemble des �tablissements de sant� ayant une activit� de cette nature.
D'ores et d�j�, les bilans effectu�s, dans ce domaine, par les services d�concentr�s ou la Caisse nationale d'assurance maladie, font appara�tre que le dispositif actuel de soins de suite ou de r�adaptation correspond imparfaitement � la mission - pourtant essentielle - de r�insertion des personnes.
C'est pourquoi la clarification de la notion de soins de suite ou de r�adaptation est un pr�alable � l'analyse de l'ad�quation de l'offre aux besoins.
I. - LES SOINS DE SUITE OU DE R�ADAPTATION PEUVENT �TRE D�FINIS � PARTIR D'UN ENSEMBLE DE FONCTIONS N�CESSAIREMENT REMPLIES AU COURS DE TOUTE LA PRISE EN CHARGE
Les d�finitions qui suivent correspondent � une conception de soins actifs de suite ou de r�adaptation. Ils s'adressent � des malades requ�rant des soins continus et comportent une importante dimension �ducative et relationnelle.
Ainsi cinq fonctions de soins techniques et d'accompagnement caract�risent une v�ritable prise en charge en soins de suite ou de r�adaptation. Combin�es � des degr�s vari�s, elles sont mises en oeuvre, dans un but de r�insertion globale des malades. Il s'agit de :
1� LA LIMITATION DES HANDICAPS PHYSIQUES qui implique la mise en oeuvre de r��ducation physique, voire d'appareillage et d'adaptation du milieu de vie ;
2� LA RESTAURATION SOMATIQUE et PSYCHOLOGIQUE gr�ce � la stimulation des fonctions de l'organisme, la compensation des d�ficiences provisoires, l'accompagnement psychologique et la restauration des rythmes ;
3� L'�DUCATION DU PATIENT ET �VENTUELLEMENT DE SON ENTOURAGE par le biais des apprentissages, de la pr�paration et de l'adh�sion au traitement, de la pr�vention. Le recours � des relais associatifs peut �tre utilis� � cet effet ;
4� LA POURSUITE ET LE SUIVI DES SOINS ET DU TRAITEMENT � travers son adaptation, son �quilibration, la v�rification de l'observance par le malade, la surveillance des effets iatrog�nes �ventuels. Une attention particuli�re sera port�e au traitement de la douleur ;
5� LA PR�PARATION DE LA SORTIE ET DE LA R�INSERTION en engageant, aussi rapidement que possible, les demandes d'allocations et d'aides � domicile, en tenant compte �ventuellement de la dimension professionnelle.
II. - LE PRINCIPE DE CONTINUIT� DES SOINS APPARA�T COMME LE FIL CONDUCTEUR EN MATI�RE D'ORGANISATION DES SOINS DE SUITE OU DE R�ADAPTATION
Dans le parcours sanitaire d'un patient, souvent appel� � fili�re �, les soins de suite ou de r�adaptation s'inscrivent dans la continuit� des soins de courte dur�e qui correspondent � une activit� de diagnostic et de traitement pendant la phase aig�e de la maladie.
Il convient de rappeler que les traitements ou la surveillance m�dicale offerts par les �tablissements de soins de suite ou de r�adaptation concernent des malades requ�rant des soins continus.
Ils ont pour objectif final la r�insertion des malades, prioritairement � domicile ou parfois dans une institution sociale ou m�dico-sociale, si leur �tat stabilis� le requiert.
En amont, la fonction des services de soins de suite ou de r�adaptation ne peut plus se d�finir en termes de � d�gagement � des services de court s�jour. C'est pourquoi, afin d'assurer une v�ritable continuit� des soins, l'admission des malades doit �tre n�goci�e avec les structures amont.
Cela signifie que des conditions d'admission doivent �tre formalis�es et respect�es. Il est essentiel que toutes les informations utiles � la prise en charge adapt�e des patients soient fournies aux �tablissements qui les accueillent.
C'est dans cette perspective que peuvent �tre envisag�es les interventions pr�coces des soignants de soins de suite ou de r�adaptation au sein des unit�s de court s�jour. C'est dans cette perspective, �galement, que les �tablissements de court s�jour s'engageront � effectuer les r�admissions des malades dont l'�tat le n�cessite.
En aval, la mission des soins de suite ou de r�adaptation est de pr�parer la r�insertion sociale, familiale et, le cas �ch�ant, professionnelle des malades et leur prise en charge par des acteurs sanitaires extra-hospitaliers et sociaux.
Pour r�pondre � l'objectif de continuit�, la fonction soins de suite ou de r�adaptation s'inscrit donc � la fois :

C'est, enfin, dans cette perspective que se pose la question de la pertinence de la localisation de l'offre de soins. En effet, pour certaines activit�s, la notion de proximit� de l'entourage constitue un �l�ment d�terminant pour la qualit� de la prise en charge, notamment au regard de la r�insertion. Cela conduit � �viter toute rupture prolong�e avec le milieu de vie, pour certaines activit�s, alors que, pour d'autres, le niveau d'�quipement et de disponibilit� du plateau technique constituera l'�l�ment essentiel. Ainsi, pour les soins de suite indiff�renci�s, � dominante g�riatrique, la notion de proximit� est pr�valente. En revanche, pour la r��ducation fonctionnelle sp�cialis�e, la nature du plateau technique l'emportera, m�me si la r�ponse offerte se situe � distance des besoins exprim�s.
La continuit� des soins implique �galement que l'offre de soins soit gradu�e, afin que la prise en charge du malade soit adapt�e � la gravit� de sa maladie et � ses potentialit�s d'�volution. A cet �gard, il convient de veiller au d�veloppement d'alternatives � l'hospitalisation � temps complet et notamment � l'hospitalisation de jour. Celle-ci doit assurer une v�ritable compl�mentarit� avec l'offre de soins ambulatoires, en r�pondant � des exigences de densit� et de diversification des soins.
C'est � partir de ces d�finitions que vont se poursuivre les r�flexions nationales sur l'actualisation de la r�glementation en mati�re de soins de suite ou de r�adaptation.
Ces travaux s'attacheront � pr�ciser les objectifs de soins relatifs aux populations sp�cifiques que sont les personnes �g�es et les enfants. Ils seront ensuite compl�t�s par une r�flexion relative aux prises en charge dans le cadre de la r�adaptation fonctionnelle.

Pour la ministre et par d�l�gation :
Le directeur des h�pitaux,
C. Bazy-Malaurie